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Créer des systèmes pour construire des habitudes (4)

Créer des systèmes pour construire des habitudes (4)

Cet article est la 4e partie d’une série d’articles sur les différences entre objectifs, habitudes et systèmes.

Consultez la partie 1, la partie 2 et la partie 3. Vous pouvez aussi consulter cet article sur la pensée positive.


Quand je vois des gens continuer d’être animés par ce qu’ils font alors qu’ils pourraient se reposer sur une plage tout le reste de leur vie, je pose toujours la même question.

Qu’est-ce qui les motive à continuer ?

J’ai posé cette question à beaucoup d’entrepreneurs et quelques auteurs.

Si les réponses varient, la réponse qui les synthétise le mieux est celle d’un ami que je connais depuis mes 15 ans.

Il travaille dans l’incubation de start-ups.

Avant de faire ce métier, il a géré sa propre société de sécurité informatique. Une des rares personnes que je connais à ce niveau de travail et de revenus qui arrive à trouver l’équilibre entre son travail, sa famille et ses activités.

Sa réponse tient en un seul mot.

Le jeu.

Le plaisir et la joie sont dans le processus. L’argent, les entreprises, sa position dans sa société ne sont que des conséquences de son plaisir de jouer.

Stuart Brown en parle très bien dans son livre Play: How it Shapes the Brain, ainsi que Carole Dweck dans Mindset.

Le « plaisir du jeu », c’est une réponse qui revient fréquemment chez ceux qui réussissent.

C’est la clé pour réussir à installer des systèmes qui permettront d’ancrer des habitudes.

Rien ne changera votre trajectoire future autant que vos systèmes

Aujourd’hui, je vous partage la création de mon système.

Comment créer un système

Comme on confond souvent le fait de se fixer des objectifs quotidiens avec les systèmes, dans la suite de cet article, j’ai adapté mon processus de création de mon système d’écriture pour vous aider à mieux comprendre cette série d’articles.

Je prends un objectif d’écrire un livre.

Je l’ai créé autrement, mais ça illustre bien le processus.

Je vous mets en exemple un objectif SMART si je l’avais posé, pour que vous puissiez voir les nuances.

Objectif qui n’est qu’un souhait : devenir écrivain

Objectif SMART: Écrire et publier un livre de 40 000 mots minimum avant juillet 2023.

  • Spécifique : oui, c’est dans la demande.
  • Mesurable : Je consignerai mes progrès chaque semaine / jour
  • Atteignable & Réaliste : Oui, ça représente 100 jours à 400 mots par jours, sachant que j’ai 180 jours jusqu’à juillet, ça me laisse de la marge de manœuvre et du temps pour la relecture, la réécriture et la publication.
  • Temporellement défini : Oui

C’est bien, ça donne une direction, une finalité.

Objectif quotidien qui en découle : écrire tous les jours un article de 400 mots minimum sur une idée et une seule.

Cool, ça se précise.

Mais ça manque de résilience, ça n’est pas solide et ne tiendra pas la charge en cas de coup dur ou de quotidien occupé.

Pour résoudre ce problème, je vais poser un objectif SMART sur mon objectif quotidien.

Objectif SMART quotidien: écrire tous les jours entre 07h et 09h un article de 400 mots minimum sur une idée et une seule.

  • Spécifique : oui
  • Mesurable : Je mesure tous les jours les mots que j’écris
  • Atteignable & Réaliste : Oui c’est largement dans mes capacités, j’écris déjà presque tous les jours depuis longtemps
  • Temporellement défini : Oui

C’est beaucoup mieux.

Mais c’est là que les objectifs ont leur limites.

Car ça n’est pas suffisant.

Vous devez penser à l’avance à ce qui peut mal tourner et préparer le terrain pour que l’action soit la plus simple possible.

Faites en sorte que ce soit si facile que vous ne puissiez pas dire non.

Leo Babauta

Vous devez organiser ce qui va favoriser la tache, réduire la charge mentale et la volonté nécessaire.

Pour organiser l’environnement, on peut s’inspirer des cuisiniers et de « La mise en place » : c’est une expression culinaire qui indique qu’on doit organiser et disposer les ingrédients nécessaires au plat que vous allez préparer.

Un peu comme je fais pour un meuble Ikéa.

J’étale toutes les pièces dans le bon ordre, j’organise tout le salon et demande le silence dans la maison pendant 3h pour me préparer mentalement et physiquement à cette épreuve.

Préparer mon environnement pour mon projet d’écriture ressemble à ça :

  • un espace de travail sans fouillis et que j’apprécie
  • des musiques – toujours les mêmes – qui me mettent dans le flow
  • un casque qui isole très bien les bruits
  • un logiciel avec des couleurs sombres qui me repose les yeux
  • un seul et unique logiciel qui gère mes notes, mes articles et tous mes projets
  • la machine à café programmée pour que le café ait juste fini de couler quand je me réveille

Je me lève, je me sers mon café, et j’écris.

Pas de douche, pas de sport, pas de méditation, pas de téléphone, rien. J’ai essayé plusieurs fois des routines matinales, mais je suis finalement devenu adepte de l’anti-routine : rien. Je me lève, et je m’y mets. Je suis plus efficace comme ça et surtout, moins sujet à des routines externes qui ne me font pas kiffer.

Je pense que les routines matinales de type Miracle Morning sont une vaste fumisterie, mais j’en parlerai dans un autre article. Si ça vous convient, tant mieux.

Ça fonctionne pour moi, car le réveil et le moment juste avant de me coucher, sont ceux où je suis le plus productif et créatif.

C’est à chacun de trouver ce qui fonctionne pour lui, même si de nombreuses recherches existent sur les heures les plus efficaces de productivité et les façons de s’en servir. Je vous recommande à ce sujet Deep Work (US) (version FR), de Cal Newport.

L’environnement étant géré, il reste à réduire la charge mentale et la friction.

Écrire depuis une page blanche est difficile pour tout le monde.

Moi, ça me déprime. Je suis comme un lapin dans les phares, des idées plein la tête, mais mon corps ne veut rien savoir.

Comme je le sais, j’ai conscience que c’est une charge mentale et un blocage important.

Je dois donc mettre en place quelque chose qui va m’éviter ça.

Là, je vous passe l’exploration de mes mécanismes et de mes forces ainsi que tous les tests qui m’ont amené à ce que je partage ci-dessous.

Mettre en place un système c’est tester et prendre du feedback sur ce qui fonctionne ou pas pour vous, et ajuster en fonction. Ça demande peu d’attention, c’est presque un jeu amusant à faire.

Notez que j’adore lire, apprendre et prendre des notes.

Pour moi c’est facile, c’est une zone d’excellence qui me demande peu d’effort, c’est donc incorporé dans mon système.

Vous devrez trouver ces compétences qui sont faciles et sans effort pour vous.

Un indice : on a tendance à les dévaloriser et à ne pas les voir justement parce qu’elles sont faciles.

Parfois, on pense aussi que tout le monde sait les faire.

On y devient donc aveugle.

Ouvrez donc vos yeux.

Mes journées sont divisées en 3 parties :

  1. Le matin : je crée. Je fais tout ce qui demande de la concentration, de l’attention, de la créativité et de la production (vidéos, podcasts).
  2. L’après-midi : j’apprends et sociabilise. Je fais des coachings, et prends des notes sur ce que j’apprends dans des lectures, des formations ou des vidéos.
  3. Le soir : je vide mon cerveau. Avant de me coucher, je vide mon cerveau en préparant des idées pour le lendemain.

Ce système est souple, surtout les après-midi, mais j’ai toujours dans mes journées ces 3 blocs, même s’il ne s’agit que de 15min.

Le point 3 est essentiel à ma routine d’écriture du matin et me prend 3 minutes :

  1. Je note une idée ou reprends une idée notée dans la journée
  2. Je fais une liste de 10 points que m’évoque cette idée, sans jugement
  3. Je ferme mon ordinateur et je vais me coucher

Lorsque je me lève le matin, j’ai un stock d’idées avec 10 points déjà écrits.

Je choisis celle qui me plait le plus et j’écris.

J’ai aussi des modèles d’articles qui peuvent m’inspirer des idées, mais j’ai tellement de notes dans mon logiciel que je ne m’en sers jamais, et ça correspond peu à mon style d’écriture. À vous de trouver ce qui vous convient.

Tout ça est beaucoup mieux.

Mais il reste un problème.

Si ce processus m’amuse, je me connais, il peut s’effriter avant que l’habitude ne soit solidement installée.

Je n’arrive pas à me berner tout seul avec des artifices. Même avec tout ça en place, je suis capable de ne pas le faire par flemme si l’envie d’hiberner me prend, et ça ne m’empêchera pas de me regarder sans sourciller dans la glace le soir.

J’ai besoin de contraintes fortes et d’obligations pour qu’une habitude s’installe.

Et ma contrainte forte, c’est vous.

J’aime partager et échanger dans les commentaires sous mes articles, même dans des discussions animées. J’adore ça, je peux discuter d’une virgule mal placée ou refaire le monde pendant 3h avec quelqu’un, ça ne sert à rien, mais j’aime bien.

J’aime lire vos commentaires, j’aime les likes, les petits cœurs sympas, les emails de remerciements, les messages privés qui me posent des questions.

J’aime les critiques constructives qui m’inspirent de nouvelles idées et me font apprendre de nouvelles choses.

J’aime les réactions absurdes de ceux qui ne savent pas lire, ça me refait ma journée et ça fait bien rire ma femme quand on promène le chien.

J’aime lire que vous attendez l’article suivant, ça me motive, ça entretient le tout.

J’aime que ça vous aide, que ça vous touche et j’aime la reconnaissance que ça me procure.

Alors je me suis installé une contrainte supplémentaire : écrire en public.

Voilà.

Vous avez un aperçu de mon système et de comment il est créé pour installer une habitude, et de comment il se différencie des objectifs.

  • J’ai facilité la création de l’habitude avec des choses agréables et qui me conviennent.
  • J’ai mis en place des petites choses que j’aime faire qui retirent mes blocages les plus importants.
  • J’ai utilisé des contraintes qui correspondent à mes besoins et mes envies, même les moins « louables »

Beaucoup de personnes ne sont pas à l’aise avec ce qui les motive.

On est formatés à avoir honte d’aimer la reconnaissance, l’attention, les likes et j’en passe.

C’est comme les accompagnants quand je leur demande pourquoi ils font ce métier.

Ils me disent toujours qu’ils le font parce qu’ils aiment aider les autres, en me regardant pour voir s’ils n’ont pas dit de bêtise.

Non, non.

Vous aimez ça parce qu’on ça vous fait vous sentir utile.

Ou intelligent, beau, fort, puissant, magique, mettez les mots que vous voulez, mais soyez honnêtes.

Le problème n’est pas d’aimer ça, le problème c’est lorsque c’est devenu le but.

Pour conclure, je déroge souvent à ce système, mais de la bonne façon.

J’écris en dehors de mes heures, parce que ce que j’ai fait le matin a créé un sentiment d’accomplissement et me rend libre d’écrire à d’autres moments sans contrainte, juste pour le plaisir de continuer de jouer.

J’ai encore quelques articles à partager sur ce sujet, mais ils ne sortiront peut-être pas tout de suite.

J’espère que ça vous aura déjà bien aidé à mettre la priorité sur les habitudes et les systèmes plus que sur les objectifs, même s’ils sont importants.

Je vais pouvoir reprendre une activité normale avec des articles un peu plus courts.

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