Si vous ne connaissez pas le terme d’espace négatif, vous l’avez déjà rencontré. Dans l’art, la photo, le design d’intérieur ou de sites Internet.

Le vase de Rubin qui représente aussi deux visages en est un excellent exemple :

Ou celle de la femme et de la belle-mère, qui cache deux femmes en une seule image.

En photo, en design c’est un élément essentiel.

C’est une des fondations de l’approche minimaliste.

Laisser l’espace négatif, le vide, rendre le contenu important.

En laissant le vide prendre de la place, on contribue à rendre l’objet et le message plus clairs.

L’espace négatif s’applique aux personnes.

Quand on décrit une personne, on a tendance à parler de l’espace qu’elle remplit : ce qu’elle fait, ce qu’elle aime, ce qu’elle nous apporte, ses centres d’intérêt, ses actions, etc.

On parle rarement de son espace négatif.

De ce qu’elle est dans ce qu’elle n’est pas, sans doute le plus important et peut-être ce qu’on aime le plus chez quelqu’un.

Et aussi ce qu’elle représente dans ses absences, dans ces moments qu’on ne partage plus, dans cet espace laissé vide qui nous rappelle pourquoi on tient à elle.

Valérie Beuslin nous le raconte si bien au travers de ses sculptures.

Ça s’applique à nous aussi.

Au lieu de définir ce qu’on est, définissons ce que nous ne sommes pas, ce que nous ne sommes plus et ce que nous ne voulons plus être.

Il est plus facile de définir ce qu’on n’est pas que ce qu’on est.

Il est plus facile de savoir ce qu’on ne veut pas que ce qu’on veut. C’est pour ça que définir son anti-journée est plus impactant que de définir sa journée idéale.

Le vide me fascine, je trouve ça si beau, si humain, si rempli de sens.

Pourtant, on est nombreux à vouloir combler ces espaces négatifs.

Ces vides qui nous envahissent.

On cherche à les remplir à tout prix. Qu’ils soient dans nos maisons, nos placards, nos bibliothèques, ou qu’ils soient émotionnels, dans nos cœurs et dans nos tripes.

Et si ces vides n’étaient que des espaces négatifs ? Des espaces qui, si l’on s’autorisait à plonger dedans, à voir au-delà, pourraient nous ouvrir de nouvelles perspectives ?

Je cherche encore à trop remplir ici et là. Certaines choses que je pensais vidées une fois pour toutes, mais qui se remplissent toujours sans que je ne sache encore trop pourquoi.

Mais j’ai aussi quelques espaces négatifs qui m’aident, qui me guident.

Quand je coupe le bruit pour faire plus de place au silence.

Quand je retrouve cette simplicité de n’être personne pour retrouver le sublime.

Quand être solitaire fait la place à la force de la meute et permet de rencontrer des semblables, des pairs, des amis.

L’espace négatif n’est pas qu’un outil artistique.

C’est l’art de faire le vide et d’explorer l’espace.

Pour laisser la place à plus de ce qui compte.

À propos de Laurent Bertin


Né le 6 juin 1975, je suis coach, conférencier et formateur depuis plus de 12 ans. Marié depuis 25 ans, je suis père de 4 enfants. J’ai 3 chats et deux chiens que j’adore.

Je suis un solitaire atypique, avec une anxiété sociale que j'ai réussi à intégrer pour en faire une force. J'aime la tranquillité, la simplicité, l'authenticité et l'honnêteté.

Ancien directeur informatique dans une grande banque française, j’ai tout quitté du jour au lendemain pour devenir praticien en hypnose. J’ai développé mon cabinet, suis devenu formateur, co-directeur d’un grand centre de formation pour tout quitter à nouveau pour développer mon activité via Internet.

Aujourd’hui, je peux travailler d’où je veux quand je veux et moins de 2h par jour. J’ai triplé mes revenus de directeur en aidant mes clients et en formant des milliers de personnes à mieux vivre leur métier et à mieux aider leurs clients.