Quand je t’ai vue, je me suis dit « oh tiens une extraterrestre ».

Tu ne le sais pas mais tu es différente.

​​Et c’est violent.

Violent car ça n’est pas la différence que tu hurles et dont tu te sers comme excuse à toutes tes peurs et tes failles. 

Celle qui te sert de refuge et qui t’évite la véritable souffrance.

Non, c’est la différence qui te déchire, qui te contorsionne. ​

Celle que tu fuis en cherchant à rentrer dans ce moule qui ne pourra jamais t’aller.

Je te vois balayer cette pensée.

C’est bien le problème.

Tu ne veux pas être différente. Être différente c’est être en dehors des autres.

Tu ferais tout pour être acceptée.

Si si.

Tu crèves d’envie de t’intégrer, de te fondre dans la masse, d’être comme les autres.

Impossible.

Tu fuis, tu rejettes, tu repousses, tu t’isoles, tu en as marre, tu deviens une louve solitaire.

Tu es la lionne qui hurle aux moutons « aimez-moi aimez-moi, moi aussi j’suis un mouton ! ».

Puis la vérité te rattrape.

Tu es seule dans l’ombre, sur une petite planète sans soleil.

Il y a bien un soleil quelque part mais il éclaire une autre planète.

Celle où les autres sont.

​La lumière, c’est pour les autres.

Tu ne la mérites pas. Tu as fait trop de mal. Trop de choses de travers. Trop de maladresses.

Tu es partagée entre l’envie de les rejoindre et la sécurité de la solitude et de l’ombre.

Et je sais ce que tu essayes de faire, je te vois.

Tu essayes d’éteindre tes talents, de montrer que tu n’es pas meilleure, pas plus rapide, pas plus vive, que tu es juste « normale ».

Parce que c’est mieux. Parce que c’est respectueux. Parce que c’est pas juste pour les autres que tu sois différente. Parce que ta lumière fait de l’ombre aux autres.

Ne pas trop la ramener, ne pas faire sa maline, bien rester à sa place, faire comme tout le monde.

Chut. Tais-toi. Sois gentille.

Rien ne convient à personne. Toutes les places sont prises.

Alors tu restes en orbite, tu ne sais pas où te poser.

Tu es condamnée à errer dans le vide. Le repos et la paix te sont à jamais interdits.

Tu te mens.

Bien sûr que tu sais. Tu penses juste que c’est mal.

T’as pas compris.

T’as pas intégré.

Ton problème n’est pas la peur de réussir, la peur d’échouer, du rejet ou de l’abandon ou toutes celles que tu as choisi de te raconter.

Tu n’acceptes pas que tu ne rentreras jamais dans ce moule du « normal ». Personne n’y entre.

​Ton problème est que tu aimes profondément ta planète, mais l’avouer te donne l’impression d’être prétentieuse et égocentrée.

Ne cherche plus à rejoindre, invite.

Invite les autres à découvrir ta planète.

Il y a un un prix à payer : beaucoup ne vont pas aimer ta planète.

Mais ce coût est moins élevé que de la fuir.

À chaque fois que tu échoues ou galères, c’est sans doute que tu cherches à entrer dans un moule, au lieu de rayonner depuis chez toi.

​​La lumière n’a pas besoin d’être éclairée.

Je te vois.

Je t’ai reconnue quand je t’ai vue.

J’ai envie de te dire « Bienvenue ».

Bienvenue chez toi.


Un jour, pendant le stage que j’animais en Toscane avec mon amie Marie-France, j’ai dessiné comment je me voyais.

Je suis nul en dessin, mais j’ai laissé le crayon faire son chemin :

Seul sur ma planète, à crever d’envie de rejoindre celle des autres.

J’ai chialé comme un bébé.

Ce moment a changé ma vie.

Au début, j’ai cru que c’était mal, que quelque chose n’allait pas dans le dessin. J’ai essayé de changer. Ça n’a servi à rien.

J’ai décidé de me protéger ensuite, j’ai ajouté des satellites et des protections pour éviter que trop de monde ne vienne.

Puis j’ai réalisé que je n’avais rien à faire.

Accepter ma planète, m’autoriser à partir en voyage vers d’autres planètes de temps en temps et inviter tous ceux qui auraient envie à venir découvrir ma planète.

Cette même année, j’ai pris des cours de chant.

Je chante aussi bien que je dessine.

Et cette année là, j’ai travaillé et chanté « Bienvenue chez moi » de Florent Pagny.

Et en écrivant ses mots, l’émotion monte.

Je n’avais jamais fait le lien jusqu’à aujourd’hui.

Alors, bienvenue.

Bienvenue chez moi.

À propos de Laurent Bertin


Né le 6 juin 1975, je suis coach, conférencier et formateur depuis plus de 12 ans. Marié depuis 25 ans, je suis père de 4 enfants. J’ai 3 chats et deux chiens que j’adore.

Je suis un solitaire atypique, avec une anxiété sociale que j'ai réussi à intégrer pour en faire une force. J'aime la tranquillité, la simplicité, l'authenticité et l'honnêteté.

Ancien directeur informatique dans une grande banque française, j’ai tout quitté du jour au lendemain pour devenir praticien en hypnose. J’ai développé mon cabinet, suis devenu formateur, co-directeur d’un grand centre de formation pour tout quitter à nouveau pour développer mon activité via Internet.

Aujourd’hui, je peux travailler d’où je veux quand je veux et moins de 2h par jour. J’ai triplé mes revenus de directeur en aidant mes clients et en formant des milliers de personnes à mieux vivre leur métier et à mieux aider leurs clients.