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Mieux penser en se posant les bonnes questions

Mieux penser en se posant les bonnes questions

En 2008, Paul Saffo, un prévisionniste, a écrit un article appelé Strong Opinions Weakly Held qu’on pourrait traduire en « Opinions fortes, faiblement soutenues ».

Cet article est vite devenu un principe qui guide les prises de décisions et l’argumentation.

Le problème est qu’on en retient souvent que la première partie : « opinions fortes ».

Mais quand on prend le temps de lire l’article de Paul Saffo, on peut lire :

Laissez votre intuition vous guider vers une conclusion, aussi imparfaite soit-elle – c’est la partie « opinion forte ».

Ensuite – et c’est la partie « opinion faible » – prouvez-vous que vous avez tort.

Prouvez-vous que vous avez tort.

Peu de gens cherchent à se prouver qu’ils ont tort.

Une autre variante de cette idée est celle-ci :

Exprime-toi comme si tu savais tout, écoute comme si tu ne savais rien

En théorie, ces idées sont tops.

Mais ce sont des choses faciles à dire et qu’on oublie vite.

Et ça n’est pas comme ça que notre cerveau fonctionne.

Il est facile d’avoir des opinions fortes et de s’y tenir fermement.

Il est facile d’avoir des opinions faibles et de s’y accrocher faiblement.

Mais il est difficile de passer de l’un à l’autre.

Si la citation fait joli sur Internet, rares sont les personnes capables de la mettre en pratique.

Alors, que faire pour mieux penser ?

Annie Duke, dans son livre Thinking in Bets propose d’utiliser les probabilités pour mieux réfléchir.

Le moyen le plus rapide pour mieux réfléchir et nuancer ses propos est de se demander :

Suis-je prêt à parier là-dessus ?

Quelles sont les chances que ce soit vrai ?

Par exemple, si vous êtes honnête, vous pourriez vous dire qu’une de vos opinions a 70% de chances d’être vraie.

  • Que manque-t-il pour y croire plus et assurer le pari ?
  • Que manque-t-il pour y croire moins et éviter un pari perdant à coup sûr ?

Commencez par tester avec vos idées et vos opinions sur des sujets divers et variés.

Puis testez sur ce que vous considérez comme vrai sur vous.

Votre niveau de confiance, votre valeur, vos compétences, vos défauts…

Vous savez, ces trucs sympas qu’on se dit de nous dans notre tête…

Êtes-vous prêts à parier là-dessus ?

Combien ? 100 € ? Vos revenus mensuels ? Annuels ? La vie de ceux que vous aimez ?

Cela nous met de fait dans la position de celui qui cherche à nous prouver qu’on a tort de penser ce qu’on pense.

Si je dois parier la vie de mes enfants que je ne suis qu’un imposteur, j’ai intérêt à être bien certain que ce soit le cas…

De fait, on trouve des dizaines d’exceptions à ce qu’on croit vrai de nous.

L’idée est défendue avec beaucoup moins de ferveur…

Et si l’idée est moins défendue, un changement s’opère déjà.

Testez, vous pourriez être surpris de l’efficacité de cette façon de penser.

Demain, dans la même idée, je vous expliquerai comment le poker m’a aidé à mieux prendre des décisions.

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